Anonyme
la premiere fois il a dit que c'etait ma faute, que je l'avais poussé a bout, que si javais pas parlé comme ça rien ne serait arrivé. jy ai cru. la deuxieme fois aussi. maintenant je sais que c'est pas ma faute, mais c'est trop tard, je suis deja prise dedans. une fois je suis partie chez ma mere avec les enfants, en pleine nuit. elle m'a fait du thé, elle m'a ecoutée, et le matin elle m'a dit rentre, un foyer ça se construit, une femme patiente gagne toujours a la fin, pense a tes enfants. alors je suis rentrée. et lui il savait que jaurais nulle part ou aller, ça l'a rendu plus sur de lui. si je pars je pars avec quoi. la maison c'est la sienne, l'argent c'est lui, et tout le quartier va dire que jai pas su tenir mon mari. alors je mets du fond de teint la ou ça se voit. je dis que je suis tombée, que je suis maladroite. les voisines savent, elles disent rien, elles baissent les yeux quand je passe. les enfants commencent a entendre, maintenant. le grand se met devant sa petite soeur quand ça monte. ça c'est la chose qui me tue le plus, plus que les coups. le matin il est gentil, il achete le pain, il joue avec les petits, il rigole. et le soir je sais jamais quel homme va franchir la porte. je vis dans ma propre maison en retenant mon souffle.

