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Chez nous

La dépression, un truc de blanc ?

4 min de lecture

Tu dis que ça ne va pas. On te répond que tu réfléchis trop. Qu'il faut prier. Que la dépression, c'est pour les toubabs.

Alors tu te tais. Dehors tu souris. Dedans, rien ne bouge.

Pourtant la tristesse qui dure, la fatigue qui colle, l'envie qui disparaît, ça existe partout. Au Sénégal comme ailleurs. Ce n'est pas une mode importée.

Ici, on a surtout appris à ne pas le nommer.

On dit que la personne est fatiguée. Qu'elle a des soucis. Qu'elle est devenue silencieuse. On tourne autour. On ne dit jamais le mot.

Ne pas nommer une chose ne la fait pas partir. Ça la laisse grandir tranquillement.

La foi aide, et beaucoup de gens y trouvent une force réelle. Ce texte ne vient pas la remettre en cause. Mais prier et se faire aider ne s'opposent pas. On peut faire les deux.

Quand quelqu'un a le palu, on prie et on prend le traitement. Pour la tête, c'est pareil. La tête fait partie du corps.

Si depuis des semaines tu te lèves comme si tu portais un sac de riz sur le dos, si plus rien ne te fait envie, si tu tiens debout seulement pour les autres, ce n'est pas de la faiblesse. C'est un signal.

Dama sonn. Ça se dit. Ça se pose. Et ça se soigne.

Tu n'as pas besoin de mettre un mot savant dessus pour avoir le droit d'en parler.

Après la lecture

Tu peux parler de ce que ça t'a fait, si tu veux.